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Posté le Mercredi 31 janvier 2018

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boudha fractal

La Pensée du Mois de Février

« On dit que dans le Paradis d’Indra, il y a un treillis de perles, disposé de telle manière que si vous en regardez une, vous y voyez le reflet de toutes les autres. De même, chaque objet du monde n’est pas seulement lui-même mais comprend tous les autres et contient véritablement tout le reste. Dans chaque particule de poussière sont présents d’innombrables bouddhas. »(Avatamsaka Sûtra)

Bonjour à Tous !

La teneur de cet article puise son inspiration dans la « Pensée mensuelle » et prend pour ambition d’établir un parallèle entre la Science moderne et la Tradition orientale. Aussi a-t-elle le mérite de retenir notre attention, d’une part, sur la perspective d’une rencontre possible entre l’épistémè et la gnôsis, entre ratio et intuitio, d’autre part, de nous inviter à réviser de fond en comble la conception dualiste que nous avons, et de nous-même et de l’univers, conception bourgeoisement fondée sur une vision mécaniste et fragmentée du monde.

La raison qui m’incite à prendre ce risque est double :

Tout d’abord, par l’intérêt attaché à ce thème, honorer la quête des physiciens les plus illustres qui mirent en évidence l’unité et l’interdépendance de tous les phénomènes au sein de la nature intrinsèquement organique et dynamique de l’univers. C’est pourquoi, en écho à la Pensée du Mois, nous retrouvons cette conception holistique du monde dans l’Ecole Avatamsaka Sûtra du Bouddhisme Mahayana, et selon laquelle, l’homme éveillé perçoit le monde comme un réseau parfait de relations mutuelles. Je reviendrai sur ce point.

En second lieu, convaincre notre esprit binaire de la relativité et de l’impermanence de toutes choses, y compris naturellement, de notre propre moi

A cet égard, Schrödinger, éminent physicien et adepte de la méditation orientale, déclarait :

« Comment pourrais-je parler de mon « moi »

puisque je ne suis à aucun moment identique à moi-même. »

A dire le vrai, le malheur pour l’être humain provient du fait qu’il ignore tout de son essence véritable et intemporelle ; il est entièrement prisonnier de l’étau du temps, de la durée, de la continuité.

Ce conditionnement fondamental a conduit l’homme dans la situation dramatique d’une méprise généralisée et inconsciente, « la partie se prenant pour le tout » ce qui,  radicalement, est contraire à la notion de « tout en chaque chose et chaque chose en tout » enseignée par les principales Ecoles de spiritualité orientale ainsi que chez les présocratiques tels que Thalès de Milet et Héraclite d’Ephèse. Cette notion du « Tout en Un » et de l’ « Un en Tout » est également formulée en physique moderne dans le contexte de la théorie scientifique du « bootstrap ». Pour faire le pendant avec cette hypothèse, je voudrais évoquer en passant la métaphore du « filet d’Indra » décrite dans le Sûtra Avatamsaka auquel je fais allusion en exergue de cette page, métaphore expérimentée non seulement par les bouddhistes du Mahayana, également par les Sages de l’Hindouisme.

En effet, Science et Tradition se relient dans la reconnaissance d’une Réalité indivisible nommée Brahman dans l’Hindouisme, Dharmakaya dans le bouddhisme, Tao dans le taoïsme… Réalité nommée encore « champ unitaire de création pure, autogène et a-causal » par les théoriciens les plus audacieux de la physique quantique qui, disons-le, n’ont jamais manqué de rendre hommage aux formes les plus dépouillées de la pensée bouddhique, du yoga, du taoïsme et du zen.

Dans l’immédiat, à la lumière des connaissances acquises en physique et du champ expérientiel des Sages orientaux, tentons un premier constat.

Une grande confusion semble régner dans les esprits :

La matière n’est pas ce que nous pensons

 L’esprit n’est pas ce que nous croyons

Il est opportun de rapporter ici ce que disait le professeur Robert Oppenheimer :

« Le monde défini par les sens est simplement un monde d’apparences. »

Cette déclaration de l’un des plus éminents physiciens rejoint les deux plus importants concepts de la mythologie et de la philosophie indiennes. Dans l’imagerie de l’hindouisme, en effet, la dure réalité de notre monde est perçue comme la  « scène de Lila » où se déroule le jeu cosmique de la divinité. Le concept de Lila est inséparable de celui de Maya, ce qui ne signifie pas que le monde soit une illusion, mais que l’illusion réside seulement dans notre point de vue forgé par la conscience ainsi que dans les limitations de notre appareil psychosensoriel.

Il est intéressant aussi de corréler le terme Brahman issu du verbe Brih – qui signifie croître – et le vocable Tantra dont la racine sanskrite contient le sens de « tisser ». Pour les hindous, Brahman représente la trame du tissu cosmique, notion qui joue également un rôle central dans le bouddhisme tantrique. Le mot Brahman suggère l’idée de croissance. Brahman évoque ainsi le fond ultime de toute existence de même que la réalité dynamique et vivante de l’univers associée à son mouvement perpétuel, informe, Brahman transcendant toutes les formes existantes. Ces notions constituent le thème majeur des Upanishads de l’Inde.

Cette idée d’un principe dynamique inhérent à l’univers est présente dans le Rig-Véda qui emploie un autre terme, le mot rita« bouger » – et dont le sens premier semble se rapporter au « cours des choses ».  Les Sages chinois, qui voyaient le monde à la lumière du flux et du changement, ont exprimé la même idée, car le Tao est la voie dans laquelle oeuvre l’univers.

Or, l’image d’une étoffe cosmique émerge de la physique quantique qui a aboli la notion d’objets séparés et introduit celle d’un univers de participation où sujet et objet fusionnent en un ensemble indifférencié et unifié. Ainsi, en dévoilant l’interconnexion de tous les phénomènes, la physique atomique moderne a accompli un grand pas vers la vision du monde des mystiques orientaux.

Dans la vision hindoue de la nature et de l’univers, toutes les formes sont relatives et inconstantes : la solidité du rocher n’est qu’un mirage électronique et notre corps n’est que l’image fossilisée d’un tourbillon de particules. Si notre corps physique semble durer dans son apparente identité, il reste avant tout le lieu de phénomènes rythmiques toujours changeants.

Quant à la souffrance – dukham -, véritable pierre de touche de la réalité, peut-être n’est-elle qu’une hypnose induite par un sens aigu de la séparation ou par le poids de la « nostalgie » d’une rupture originelle. Mais s’agit-il vraiment d’une séparation ? Ce n’est pas certain, car rien n’est séparé, si ce n’est notre conscience « cubique » qui a fini par oublier qu’un lien extraordinaire l’unit à l’ensemble cosmique dans un mouvement inimaginable où se confondent l’extérieur et l’intérieur, le visible et l’invisible, l’infiniment petit et l’infiniment grand

Le Yoga, qui signifie unification, a toujours cherché à abolir toute souffrance, car ce que propose cette discipline dans sa finalité, c’est la réalisation du Maithuna, c’est-à-dire le « mariage des contraires » cessant ainsi d’être perçus contradictoirement.

Je voudrais aussi souligner brièvement la place centrale occupée par le dieu Shiva dans la philosophie orientale. Shiva Nataraja nous rappelle que les multiples formes dans le monde sont maya - illusoires et constamment changeantes – tandis qu’il continue à les créer et à les dissoudre dans le flux incessant de sa danse… Danse continuelle créant et détruisant sans fin des systèmes d’énergie et entraînant l’univers entier qui nous montre le spectacle de milliards de naissances, d’épanouissements et de morts. Tandis que des univers et des êtres se font, d’autres univers et d’autres êtres se défont. Tandis qu’en certains endroits, de la matière se fait, en d’autres endroits, de la matière se défait. Ceci a été merveilleusement illustré par le concept du Samsara.

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En guise de conclusion, il me plaît de vous confier cette pensée de Niels Bohr :

« Parallèlement aux leçons de la théorie quantique, nous devons nous tourner vers les problèmes épistémologiques auxquels déjà les penseurs comme le Bouddha et Lao-Tseu ont été confrontés, en essayant d’harmoniser notre situation de spectateurs et acteurs dans le grand drame de l’existence. » (Niels Bohr)

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Bonne lecture sur le chemin de la Gnose (Jnana Yoga) ! G.P.

A très bientôt sur Armor Yoga !

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