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Archive pour septembre 2021

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Septembre – Octobre 2021

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La Pensée Bimestrielle

Septembre – Octobre 2021

« Notre culture a perdu la boussole, nous naviguons à vue, bousculés par les événements, errant là où le vent nous porte. Il nous faut reprendre un cap, car nous venons de comprendre que l’homme n’est pas au-dessus de la nature, n’est pas supérieur aux animaux, il est dans la nature. La domination, qui a été une adaptation pour survivre, aujourd’hui ne produit que du malheur. » (Boris Cyrulnik)

Bonjour à Tous !

Quel enseignement devons-nous tirer de cette singulière relation entre Yoga et Psycho-écologie, notion reprise par  Boris Cyrulnik dans son dernier ouvrage « Des âmes et des saisons » paru au printemps 2021 ? La psychologie écologique se situe à la croisée de l’éthologie, de la géographie humaine et de la psychologie. Elle nous montre comment l’environnement  impacte l’homme dans ses activités et la manière dont le milieu retentit sur son unité psychosomatique. Cette idée n’est pas nouvelle. Nous la devons à un médecin zoologue, Ernst Haeckel, reconnu fort tardivement comme le fondateur de l’écologie.

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E. Haeckel en 1860

Défenseur de l’idée d’évolution, au mépris des idées de Darwin, Haeckel proposa le mot « écologie » pour désigner comment un organisme s’adapte à son habitat pour conjuguer les besoins et les nécessités de l’âme et du corps. L’habitat est originairement climatique avant de devenir un habitat culturel propice à une ambiance affective, de structure sociale, puis un espace verbal et dialogal, enfin une niche protégée pour accueillir et élever les progénitures. A contrario,  Darwin soutenait qu’un organisme ne cesse de se développer sous les pressions constantes et changeantes d’un milieu, notion peu sécurisante pour l’homme qui aspire à la douceur de vivre.

Cette idée, née en 1866, a fait son chemin. Un siècle plus tard, précisément en 1972, l’anthropologue  américain Gregory Bateson, fondateur de l’école de Palo Alto, publie « Vers une écologie de l’esprit », un recueil de textes étalés sur une période de trente-cinq ans de recherches inédites. Ces textes une fois réunis proposent une nouvelle façon de concevoir les idées ou des agrégats d’idées que l’auteur désigne sous le nom générique d’ « esprit », d’où cette conception du nom d’ « écologie de l’esprit » ou « écologie des idées », une science qui, en tant que branche de la théorie de la connaissance, n’existe pas encore au milieu du vingtième siècle. Ainsi Bateson ouvre la voie des neurosciences…

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Gregory Bateson

A ce trio de chercheurs émérites s’ajoute le philosophe Edgar Morin, directeur de recherches au CNRS depuis 1993, docteur honoris causa de plusieurs universités à travers le monde. Edgar Morin est le grand expert de la Pensée complexe, du Penser Global et du Principe de reliance pour indiquer le besoin de relier ce qui a été séparé, disjoint, morcelé, détaillé, compartimenté, classé, trié… en disciplines et écoles de pensée. Saluons au passage la longévité d’Edgar Morin qui a franchi la barre des cent ans cette année, le 08 juillet 2021. Armor Yoga lui a consacré un article sur la Page d’Accueil Janvier-Février 2020 (Pied de page suivre le lien).

Il est intéressant de mettre en parallèle la pensée de Boris Cyrulnik, épinglée en exergue de la présente page, avec celle d’Edgar Morin dont nous rappelons la teneur :

« L’humanisme ne saurait plus être porteur de l’orgueilleuse volonté de dominer l’Univers. Il devient essentiellement celui de la solidarité entre humains, laquelle implique une relation ombilicale avec la nature et le cosmos. » (Edgar Morin)

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Edgar Morin

La cohérence sémiologique est parfaite. Tous deux parlent de la même chose, et c’est d’autant plus intéressant que des « signes » émergents se croisent dans le tissu réflexif de ces quatre chercheurs engagés dans une prospective scientifique convergente : le zoologue Ernst Haeckel, l’anthropologue Gregory Bateson, le sociologue Edgar Morin et le neuropsychiatre Boris Cyrulnik. Tous les quatre sont animés par « l’esprit de la Vallée », une référence empruntée au Tao. L’esprit de la vallée recueille les « eaux » qui affluent de différents versants.

« Le bonheur naît du malheur

Le malheur est caché au sein du bonheur »

Lao-Tseu (5ème siècle AEC)

Mais à quelle vallée faisons-nous allusion ? Pour se faire une idée de sa topographie, force est de faire un bond de cinq millénaires en arrière. En premier lieu, La Vallée de l’Indus, berceau du yoga protohistorique, thème largement exposé au cœur de nos articles. A ce titre, nous vous encourageons à revisiter le texte de Paul Lévy, sous le widget « Les origines des postures de yoga ».

Derrière la barrière himalayenne, entre le bassin de l’Indus et la Chine, se tient le plateau du Tibet avec ses plaines subtropicales où les Tibétains s’adonnent aux travaux agraires, la cueillette, l’élevage de buffles ou de zébus. Au moment de la mousson, les hommes montent sur les versants de l’Himalaya où ils construisent des étables pour engranger des réserves. La technique des hommes s’adapte aux besoins des animaux.

Pour d’autres hommes dont la vocation est d’éprouver les forces de l’âme par la transcendance, ceux-ci prendront le chemin des sommets aux fins de sacrifier à des rituels implacables, des ascèses rigoureuses qui confèrent la siddhi, ce pouvoir parfait qui donne la maîtrise du corps et de la nature. Ces hommes-sages, instruits aux sciences de l’âme et de l’esprit, surmontent les épreuves du froid, de la faim, de la misère. Ils côtoient le désespoir et la mort, toutefois l’éthos des hauts sommets leur permet d’éprouver le bonheur de triompher du malheur de la flaccidité et du relâchement des mœurs de la vallée. Mais ce bonheur transcendant a ses limites. Le corps est épuisé, meurtri, il se dessèche, s’altère… Le bonheur des sommets n’existe qu’en s’associant avec celui des vallées. Alors, il faut redescendre dans la vallée pour se refaire organiquement, retrouver la douceur de vivre, la tiédeur des nuits et laisser ruisseler vers ses semblables l’eau vivifiante de la connaissance puisée dans l’éther des sommets de l’âme…

René Char, dans son ouvrage « Recherche de la base et du sommet » aurait-il conjecturé, poétiquement, sur le paradoxe de la nature humaine prisonnière de « la paresse des nuits » et de « la lucidité ressentie comme la blessure la plus rapprochée du soleil » ?

G.P. Le Secrétariat

Interview

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Boris Cyrulnik

Des âmes et des saisons

 

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A très bientôt sur Armor Yoga !

Le secrétariat du Yoga Plancoëtin, le 21 septembre 2021.

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