Conférence

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Conférence présentée par Gabriel Plessis

Vendredi 27 septembre 1996

(revisitée et mise à jour le 27 septembre 2017)

SALLE DES CONGRES DE L’HÔTEL DE VILLE DE BRESSUIRE (79300)

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Le Yoga

Une thérapeutique multimillénaire

Une dynamique du corps et de l’esprit

Un outil évolutif pour aborder le 21ème siècle

Chers amis… bonsoir !

La conférence de ce soir, placée sous l’égide du « YOGA BRESSUIRAIS », aurait pu en effet se tenir en 1986 date à laquelle fut fondée cette association. C’est pourquoi, je m’empresse de remercier notre Présidente qui vient de rappeler ce petit point historique. Mes remerciements s’adressent également à tous les membres du bureau qui ont participé activement à l’organisation de cette soirée.

 Merci à vous, chers amis, venus nombreux honorer le thème de ce soir :

LE YOGAune thérapeutique multimillénaire, une dynamique du corps et de l’esprit, un outil évolutif pour aborder le 21ème siècle…

Thème à la fois d’antiquité et de modernité tant il est vrai que l’antiquité est et restera la jeunesse du monde.

Dix années ont passé, ici, dans le bocage. Le yoga est entré dans les mœurs, il s’est frayé une voie dans le paysage médiatique et culturel et on en parla beaucoup dans les chaumières. Pour les fidèles pratiquants de Bressuire et des environs, les articulations se sont assouplies, les dos redressés, et d’aucuns ont découvert une manière radicalement autre de ressentir leur propre corps. Finalement, me direz-vous, cette conférence arrive un peu tard…

A la vérité, il n’est jamais trop tard pour dispenser des informations, car il y a encore trop de casseroles attachées au yoga de même qu’on ne commence jamais assez tôt la lutte contre la gravité Newtonienne, c’est-à-dire contre le vieillissement, la lutte aussi contre l’attraction plutonienne, la dépression psychologique, la lutte encore contre le trouble neptunien, c’est-à-dire le brouillage du schéma psycho-corporel, ce qui entraîne l’hémorragie la plus grave, celle dont on ne parle jamais, autrement dit une hémorragie psychique de nos forces vives. A cela s’ajoute le grand tourbillon du monde extérieur qui génère les convoitises de toutes sortes sans parler du matraquage médiatique qui assimile tout à rien ou qui réduit ce qui est en majesté en dérision à tel point que le quidam ne fera pas la différence entre Sri Aurobindo, grande figure de l’Inde contemporaine, pionnier du yoga intégral, et le gourou de la secte du Mandarom à Castellane. Triste exemple parmi d’autres !

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Une petite anecdote au passage.

Pas plus tard que cet été, au cours d’un repas amical, une personne d’un âge respectable, m’apostropha sur la nature de mes activités. Le mot YOGA fut lâché, vous vous en doutez bien… Mon interlocutrice ne me laissera pas le temps de commenter la manière dont je conçois cette discipline et la voici emportée dans une flux de paroles, piètre écho de la vox populi, ou si vous préférez, un ramassis de boniments entendus par-ci, par-là… Et pour aggraver le propos un peu plus, elle me dit (textuellement) :

 « Ecoutez, Monsieur Gabriel, j’ai une amie qui pratique le yoga. Depuis qu’elle a commencé, on ne la reconnaît plus, elle n’est plus comme avant, le yoga est devenu pour elle une drogue… Vous ne trouvez pas, Monsieur Gabriel, que c’est dangereux ! »

Je suis resté coi. Loin de moi la velléité de donner prise aux paroles de cette personne, car je sentais bien, dans la texture sous-jacente du discours, que le mot SECTE n’allait pas tarder à faire irruption. Dans le silence de ma pensée, ce cas qui n’est pas unique me ramenait quelques années en arrière – en 1990 ou 91 si j’ai bonne mémoire – quand le cardinal Ratzinger (NDLR le futur Pape Benoît XVI) envoya à tous les évêques de France une circulaire mettant en garde les pratiquants catholiques du danger de s’adonner à des techniques spirituelles exotiques ou d’importation orientale et susceptibles de mettre en péril leur foi. En digne ambassadeur du Vatican, peut-être voulait-il dénoncer le syncrétisme du magma spirituel de NEW AGE, vague et vogue qui a déferlé sur l’Europe dans ces années-là… En attendant, la discipline du yoga fut entachée par cette bulle épiscopale et on assista, dans tous les milieux associatifs et fédéraux du yoga en France, à une véritable levée de boucliers. Il faut donc rester prudent, tolérant et objectif et se garder de détourner le sens des valeurs rattaché à des cultures différentes, se garder encore de mépriser le « sacré » vénéré par d’autres peuples…

Cela dit, il faut en finir une bonne fois pour toutes avec ce discours désuet et malsain qui oppose l’Orient et l’Occident, car en vérité ces deux polarités géographiques sont l’exacte projection des deux hémisphères du cerveau humain.

  • LE CERVEAU GAUCHE OCCIDENTAL : de type numérique et logique, qui présida à l’élaboration de toute la philosophie occidentale depuis Parménide d’Elée au 3ème siècle avant notre ère jusqu’à Newton en passant par Saint Thomas d’Aquin.
  •  LE CERVEAU DROIT ORIENTAL : de type poétique et analogique, récepteur d’intuitions fulgurantes qui donne à l’âme humaine sa beauté, sa gravité et la grâce de son immortalité. Ce cerveau droit qui généra aussi les principes de l’Ethique universelle telle qu’on la retrouve chez un Héraclite d’Ephèse, Lao Tseu et Confucius en Chine, chez les Yogis-Brahmanes en Inde, pour ne citer que ces exemples.

Dans son étymologie, le mot YOGA signifie : RELIER. Nous en reparlerons plus avant. D’emblée, disons que la réalisation que le yoga propose n’est autre que l’intégration de nos deux cerveaux, les conjoindre sans les confondre, pour accéder à la plénitude de nos facultés psychiques et physiques.

En attendant, il faut lutter sur tous les fronts, de la zone corporelle d’inflexion dorsale qui va de D1 à D8, là où commence l’enroulement saturnien de l’être humain sur lui-même dans la déminéralisation (en voici une triste illustration), jusqu’au front extérieur le plus avancé, disons le mot, socioreligieux et médiatique, là où s’exercent toutes les manipulations et pressions idéologiques qui aplatissent l’homme dans sa chair, dans ses nerfs et dans sa propre pensée.

 morphologie lordo-cyphotique

Morphologie lordo-cyphotique

C’est l’objet de cette conférence : INFORMER… et c’est aussi la vocation d’une séance de yoga : IN-FORMER… mais cette fois avec un trait d’union, c’est-à-dire former du dedans à partir de nos énergies créatrices et informatrices, car comme le disait Sénèque le Philosophe :

« C’est une erreur de vivre selon le mode d’autrui et de faire une chose uniquement parce que d’autres la font. C’est un inestimable bien de s’appartenir à soi-même. »

Remarquable leçon de sagesse et d’émancipation qui semble faire écho aux paroles mêmes du Bouddha lors de son discours aux habitants de Kalama :

Bouddha parle à Kalama

« Maintenant, écoutez, Kalama, ne vous laissez pas guider par des rapports, par la tradition ou par ce que vous avez entendu dire. Ne vous laissez pas guider par l’autorité des textes religieux, ni par la simple logique ou l’inférence, ni par les apparences, ni par le plaisir de spéculer sur des opinions, ni par des vraisemblances possibles, ni par la pensée. Mais, Kalama, lorsque vous savez par vous-même que certaines choses sont défavorables, fausses et mauvaises, alors, renoncez-y… Et lorsque par vous-même vous savez que certaines choses sont favorables et bonnes, acceptez-les et suivez-les… »

Je pense que la définition morale du Yoga, son éthique  en quelque sorte, est définitivement énoncée et qu’il n’y a plus la moindre ambiguïté à ce sujet.

Nous allons nous intéresser maintenant à cette discipline psycho-corporelle considérée comme une thérapeutique multimillénaire. Mais, au préalable, je vais devoir faire une mise au point sur ce vocable « thérapeutique » et en préciser les sources et les courants. Je ne vais pas m’éloigner de mon sujet mais il est des bases historiques qui méritent d’être rappelées. En tout cas, j’espère que la médecine de l’antiquité retrouvera ses lettres de noblesse.

1ère question : Le yoga est-il thérapeutique ?

Non, selon l’acception clinique du terme ! Cette science, née sur les rives du Gange voire dans les alluvions de l’Indus, n’est pas soumise aux lois du corpus médical et médicinal issu en droite ligne du courant judéo-hispano-arabe auquel nous sommes redevables de la chimie d’hier et de la drogo-chimie d’aujourd’hui.

J’en profite en passant pour saluer le génie sémitique analytique au travers de ces noms de savants de la splendeur arabe, qui ont survécu aux siècles, et qui sont respectés par l’histoire :

  •  GEBER : mort vers 750. Il apprend la chimie à toute l’Europe.
  •  RHAZES : mort en 928. Il décrit la variole et la rougeole.
  •  MOSSLEMAH : mort en 1007. Traité de chimie (silence de Google sur ce Savant).
  • AVICENNE : mort en 1036. Savant d’une espèce particulière. J’y reviendrai plus loin.
  • ABULCASIS : mort en 1106. Il brise les calculs vésicaux après les avoir fait descendre.
  • AVERRHOES : mort en 1198. Traité complet de médecine.
  • AVENZOAR : mort en 1261. C‘est le fondateur de la pharmacie.
  • ABO OSSATRAH : mort en 1269. Historien de la médecine (silence de Google).

La plupart de ces savants sont nés dans des villes allant du Caucase au Portugal, dans l’immense Islam du Moyen-Âge et plusieurs d’entre eux sont nés en Espagne. Saluons donc ces analystes et le « super esprit » analytique que les juifs et les arabes ont installé dans les facultés de médecine au Moyen-Âge. Sans eux, il n’y aurait aujourd’hui ni observation approfondie, ni diagnostic différentiel, ni analyse biologique du sang et des liquides de l’organisme. Il n’y aurait ni recherches microscopiques, ni études des tumeurs, ni études pharmacodynamiques, ni fabrication de remèdes, ni découvertes des microbes, des parasites, des virus.

Cet esprit a eu son utilité ! Tout a son utilité ! Mais ce qui est déplorable et destructeur, c’est le déséquilibre, c’est l’hypertrophie d’un courant utile et la destruction de son antagoniste équilibrateur. Cet antagoniste équilibrateur, nous allons le retrouver dans le Yoga et tout particulièrement dans le courant Gréco-Indo-Irano-Egyptien qui précède d’au moins 3 000 ans le courant judéo-arabe.

 Je reviens donc à ma question : Le Yoga est-il thérapeutique ?

Je réponds OUI selon le sens premier et fort du terme et tel que l’entendait la communauté antique des Thérapeutes qui vivait en symbiose avec son milieu psychobiologique originel, qui prônait une alimentation spécifique et frugale, qui s’adonnait régulièrement aux bienfaits des ablutions (ce qu’on appelle aujourd’hui thalasso ou balnéothérapie ou encore cure thermale), et qui recommandait aussi les exercices corporels associés à la prière ou à la méditation pour se mettre en résonance ou en syntonie avec les circuits de l’énergie universelle.

Ces Thérapeutes n’étaient eux-mêmes, d’après Philon, que des Esséniens établis aux environs d’Alexandrie. Or, il est admis aujourd’hui que les Esséniens étaient déjà connus chez les juifs depuis la sortie d’Egypte et même bien avant, et qu’ils reçurent l’essentiel de leur doctrine directement de la confédération hamitique de la vieille Egypte, de Sumer en Mésopotamie et de l’Inde comme ce fut le cas également pour Thalès, Héraclite et Hippocrate.

Nous voici revenus à la source même d’une civilisation datant de 5 ou 6 mille ans avant notre ère – là était peut-être le Paradis originel – civilisation qui semblait détenir les clés du bonheur, de la paix, de la santé et de la prospérité. Abraham n’était pas encore né et il fallait encore attendre 2 ou 3 millénaires pour lire la première page de la Bible. Mais on comprendra pourquoi, plus tard, Jérémie se lamentera…

La science des thérapeutes d’Alexandrie, des yogis de l’Inde védique et pré-védique, sans oublier celle des Gymnosophistes égyptiens et éthiopiens, relève de cette même source, du même esprit synthétique qui nous enseigne que l’être humain est intimement lié au monde invisible par une géante et verticale échelle de vibrations et qu’en aval, il n’existe pas de maladie là où le sujet vit en accord avec son milieu biologique naturel, là où l’énergie vitale circule normalement et où les nerfs défendent ce terrain.

 « L’invisible est plus important que le visible », disent nos physiciens revenus aux sources de la cosmologie indienne, du bouddhisme ch’an ou du taoïsme chinois.

L’INVISIBLE… c’est la Gravité qui meut les mondes et colle le fer à la Terre, pour le plus grand malheur de la cinquième lombaire quand on ignore la clé pelvienne de protection du rachis lombo-sacré transmise par le Maître dès la première séance de Yoga.

L’INVISIBLE… c’est l’Electricité qui régit le monde, le Magnétisme qui régit la Terre, les gaz qui nous font respirer ou étouffer, les vents qui conduisaient les navires, le travail mystérieux de la Terre sans lequel il n’y aurait pas de moissons, c’est aussi l’attraction cyclique de la Lune qui remue la mer et la sève, le Feu Central de la Terre et celui de notre Colonne vertébrale selon la vieille conception du yoga tantrique…

L’INVISIBLE… c’est encore les courants hydro-telluriques et les rayons cosmiques qui crèvent maintenant la couche d’ozone pour le grand bonheur des dermatologues, grâce à la folie des physiciens et des chimistes du courant judéo-arabe dont le succès le plus triomphal restera à jamais l’ouverture par effraction de la « Boîte de Pandore », c’est-à-dire de l’éclatement de l’atome en attendant l’éclatement de la Terre… Selon le mythe, Pandore apporta dans ses bagages une boîte mystérieuse que Zeus lui interdit d’ouvrir. Celle-ci contenait tous les maux de l’humanité, notamment la Vieillesse, la Maladie, la Guerre, la Famine, la Misère, la Folie , la Mort, le Vice, la Tromperie, la Passion, l’Orgueil… Miraculeusement, cette maudite boîte contenait l’Espérance…

L’INVISIBLE est tout. Ce qu’on ne voit pas est plus important que ce que l’on voit, le miracle de la vie se perpétuant à chaque seconde dans l’intimité complexe de notre cœur qui est la plus tangible manifestation du rythme cosmique.

Ce que je dis là peut prêter à sourire… Pourtant les Médecins-Astrologues de l’antiquité avaient établi cette loi et en tenaient compte dans leurs diagnostics comme le firent et le font encore les Médecins-Acuponcteurs de jadis, de naguère et d’aujourd’hui… Rappelons en passant que dans le « système énergétique des 5 éléments chinois », le Maître du cœur, qui est couplé au méridien de l’Intestin grêle, occupe le MERIDIEN, le MIDI si vous préférez, des cycles CHEN (cycle d’activation et de génération) et KO (cycle d’inhibition).

Donc depuis la plus haute antiquité, on sait que chaque pensée, chaque sentiment, chaque émotion, agit directement sur les constituants chimiques du corps. La vibration mentale ou émotionnelle se transforme en vibration physique. Les émotions désagréables, dysharmonieuses voire destructives affectent les sécrétions endocriniennes et empoisonnent réellement les liquides et tissus corporels.

A l’inverse, les émotions agréables et harmonieuses, en durée et en intensité, stimulent favorablement la vie organique et créent un état d’équilibre psychosomatique euphorique. Les compagnons d’Hippocrate savaient cela… Dans l’île de Cos, quand ils se croisaient au petit matin lumineux, ils se disaient aussi comme nous : « Comment vas-tu ? ». C’était il y a 25 siècles et, à cette époque, la question était honnête. Pourquoi ? Parce que leur Maître avait fait le lien entre les humeurs du corps et l’humeur du caractère…

On parle toujours d’Hippocrate, et d’ailleurs on a raison, mais il serait légitime de remonter aux sources et de ne pas confondre l’Elève et le Maître. Le Père universel de la Médecine, c’est l’Egyptien Imhotep qui vivait au 3ème millénaire avant notre ère. Il fut le médecin, l’architecte, le ministre et le maître de sagesse du Pharaon Zoser, de la troisième dynastie. Il a laissé des monuments célèbres, des écoles de médecine et toute une bibliothèque médicale dont les idées servirent à l’instruction du monde entier. C’est dans cette école, vers 500 avant notre ère, qu’Hippocrate, venu étudier en Egypte, s’instruisit.

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Imhotep tenant la croix ansée

 La croix ansée… c’est la vertèbre dont elle est la fidèle représentation. C’est elle la clef de vie que le Maître lointain d’Hippocrate tient dans sa main sur les papyrus et les bas-reliefs. La vertèbre à tous les étages commande le sympathique. La faire jouer libère l’écoulement de la force vitale du cerveau et de la moelle vers les organes et les membres. Mais pour la faire jouer, il faut pouvoir la bouger ; pour la bouger, il faut desserrer son pourtour, c’est-à-dire étirer les muscles et ligaments du dos.

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Planche des correspondances

vertèbres – systèmes ortho et parasympathiques

organes et viscères

C’est ce que nous faisons dans nos cours à partir de schémas posturaux simples issus directement du Yoga Indo-Egyptien et c’est ce que fit bien sûr, l’illustre élève, Hippocrate, rentré en Grèce. Il massa et débloqua les vertèbres, il construisit des appareils d’allongement, horizontaux avec cabestans, et verticaux en forme d’espalier. Ceux-ci prirent le nom, transmis par Avicenne, mille ans plus tard, de Scamnum hippocratis, l’Echelle d’Hippocrate.

L'échelle d'Hippocrate

La scamnum hippocratis

Je me dois maintenant de vous parler d’Avicenne, illustre savant né dans le nord de l’Iran, au bord de la Caspienne, là où vient mourir le Caucase… Région spécialement féconde en grands esprits depuis la haute antiquité, car rappelons-le, au 4ème millénaire avant notre ère, l’Afrique du nord et tout le pourtour méditerranéen, l’Egypte, l’Afrique orientale, la Mésopotamie, l’Inde et la Chine constituaient un vaste et unique territoire à dominante hamitique. Tous ces peuples communiquaient entre eux et échangeaient leurs idées, leurs sciences, leurs découvertes…

L’Iran avait son YOGA, proche du reste de celui des Egyptiens, et c’est au Docteur De Sambucy que nous devons un remarquable ouvrage sur la question : Etude et Emploi du Yoga irano-égyptien.

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C’est dire que l’Iran est toujours resté ce croissant fertile en mystiques, en Sages, en savants, en réformateurs, de sorte qu’à la charnière du 10ème et 11ème siècle de notre ère, Avicenne y puisera un savoir immense voire éclectique, et comprenant les plantes, les pouls chinois, les remèdes et pansements, la chimie et l’alchimie, l’astronomie, l’astrologie, la construction de coupoles tournantes pour étudier les astres, la chirurgie, l’obstétrique, l’orthopédie, la vertébrothérapie, la chiropractie, le massage vertébral et une importante œuvre métaphysique toujours au programme des universités.

Avicenne était mahométan et aryen, mais fidèle à son origine aryenne, il était avant tout synthétiste comme Hippocrate. C’est pourquoi, on ne peut rattacher ce grand savant de la splendeur de l’Islam au courant analytique de la tradition sémitique judéo-arabe.

Vous me pardonnerez, chers amis, cette longue digression historique, mais je crois que cela méritait d’être dit pour bien situer les sources du YOGA, science qui faisait partie intégrante de la médecine protohistorique.

Les Maîtres

Les Maîtres

Dans le lointain, près de l’origine, sont les prêtres égyptiens qui savaient l’action des vertèbres sur les organes, et plus loin encore les proto-yogis qui écrivaient pour la race aryenne les pages des Védas dans leur retraite himalayenne. Ces yogis, qui vivaient de fruits dans les grandes forêts de l’Himalaya ou dans les neiges, sans sentir le froid, comme il convient à des gens ayant le chauffage central dans leur colonne vertébrale, enseignaient la primauté de la rectitude et de la liberté vertébrale, l’importance de la libre circulation de l’énergie qui la parcoure, pré-codifiant ainsi les règles du yoga comme le premier moyen de s’améliorer et d’évoluer.

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Patanjali, célèbre philosophe et grammairien hindou de la période classique, retrouvera plus tard cette sagesse et cette thérapeutique multimillénaire. Il la codifiera vers le 3ème siècle avant notre ère dans ses Yoga-Sûtra, texte de base qui décrit le chemin, ponctué de huit étapes, qui conduit à la réalisation de l’Homme éveillé, d’où le nom de « ASHTANGA YOGA » (yoga en 8 degrés).

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Les 8 degrés de l’Ashtanga Yoga

                      1. YAMA                  préceptes

                      2. NIYAMA             observances

                      3. ASANAS             pratique posturale

                      4. PRANAYAMA    contrôle du souffle 

                      5. PRATYAHARA   filtrage sensoriel

                      6. DHARANA         concentration

                      7. DHYANA             méditation

                      8. SAMADHI           enstase

 

Rares en Occident sont les personnes qui cultivent l’intégralité du système de Patanjali. La majorité se contente surtout de la pratique posturale et respiratoire conjuguée à une approche relaxative et méditative, ce qui en soi, est porteur de bienfaits remarquables.

Mais le yoga est plus que cela.

A dire le vrai, cette discipline constitue une vaste réflexion sur la vie, la mort, la souffrance humaine ainsi que sur la condition cosmique de toutes choses. Le yoga nous propose des moyens pour diminuer la confusion et accéder à une plus grande liberté intérieure.

 Postures & Respirations

Nous allons vous montrer maintenant un panel de postures adapté à la morphologie occidentale, car vous l’avez deviné, il ne s’agit pas de se gratter l’oreille droite, chaque matin, avec son pied gauche.

Qu’attendent réellement les personnes qui se présentent, pour la première fois, à un cours de yoga ?

Pour la majorité d’entre elles, au départ, ce sera l’antidote au stress et à l’angoisse. Ensuite, la séance de yoga deviendra un espace privilégié de sérénité où l’on pourra prendre du recul face à ses occupations ou préoccupations quotidiennes. Plus avant, ce sera mettre son corps au défi, en lui faisant prendre conscience de ses possibilités latentes : recherche d’amplitude pulmonaire, assouplissement ostéomusculaire global, expérimentation des postures d’équilibre, travail du rythme et de la résistance…

Quelle que soit la méthodologie appliquée, l’objectif sera toujours le même : réunir les morceaux du puzzle, retrouver l’unité entre le psychique et le physique en reliant le centre cortico-thalamique (cerveau cognitif et émotionnel) au diencéphale (cerveau organique). C’est dans cet esprit non-séparatiste que l’adepte du yoga découvre, expérimentalement, au cœur de lui-même, la présence d’une conscience totalisante et harmonieuse.

Venons-en aux postures en réservant d’abord une place de choix à la Salutation au Soleil qui est la porte d’entrée, à double battant (cœur – poumons), de notre propre corps. C’est le SURYANAMASKAR du yoga hindou qui signifie littéralement « Hommage au Soleil ».

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Prathama Suryanamaskar

(première série)

Ecole Ashtanga Yoga de Krishnamacharya

Gayatri-Mantra

Pourquoi l’hommage au Soleil ?

D’abord, parce que toutes les civilisations antiques étaient des civilisations du Soleil : en Egypte était le Dieu solaire, SHAMASH chez les Babyloniens, SURYA en Inde, APOLLON en Grèce, BALDER chez les Scandinaves, QUETZALCOALT chez les Aztèques…

Ensuite, parce que notre cœur est animé par l’électricité cosmique issue du soleil. Le SOLEIL, c’est une bombe photo-nucléaire « inépuisable »… Pas tout à fait, car d’ici 4 ou 5 milliards d’années, les réserves d’hydrogène de notre étoile seront épuisées pour ne laisser qu’un noyau d’hélium. Chaque seconde, environ 627 millions de tonnes d’hydrogène fusionnent pour produire environ 622,7 millions de tonnes d’hélium. La différence de masse de 4,3 millions de tonnes d’hydrogène équivaut à l’énergie lumineuse produite. Cette énergie lumineuse migre lentement par rayonnement et par convection vers la surface solaire et est émise dans l’espace sous forme de rayonnements électromagnétiques (lumière, rayonnement solaire) et de flux de particules (vent solaire). Notre cœur exprime cette force rythmique par son mécanisme basé sur un système de valves qui fonctionne dans un perpétuel va-et-vient.

Le cœur bat à 72 pulsations dans un degré horaire ; le soleil en son point vernal met 72 années pour franchir un degré du zodiaque sidéral. Tant que le cœur est sous l’influence de l’électricité vivante de la nature, il se contracte et se relâche d’une façon régulière en envoyant le sang dans tout le corps, donc en nourrissant convenablement les cellules de la substance grise du cortex, siège de la vie psychique. Si le cœur sortait de cette influence, il arrêterait son mouvement.

Pourquoi ?

Parce que la résistance des veines et des artères est si grande que le cœur, bloqué, serait incapable de faire circuler l’énorme masse sanguine dont il est responsable. Il ne dispose d’aucune source d’énergie autre que celle donnée par l’impulsion cosmique qui régit dans le monde les mouvements du protoplasme cellulaire autour du noyau, le mouvement des planètes et corps célestes autour du soleil.

La SALUTATION est un magnifique exercice qui désintoxique les fibres musculaires, libère la colonne vertébrale de ses fixations ankylosantes, épanche le sang dans toutes les directions du corps tout en oxygénant puissamment le cerveau.

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Dwitiya Suryanamaskar

(seconde série)

Cet exercice est d’autant plus salvateur que la respiration y joue un rôle prépondérant. La respiration rythme et scande les mouvements, elle aide le cœur dans son travail grâce, précisément, à la pompe aspirante et refoulante du diaphragme. La respiration, elle aussi, est liée au principe solaire. L’homme respire 18 fois par minute soit 25 920 respirations en 24 heures. Or, pour les astronomes, la Grande Année solaire qui couvre tous les degrés du zodiaque sidéral compte 25 920 années

 « Tout est lié et tout est dans Tout… » proclamaient les sages de l’Egypte et de l’Inde.

La vie dépend complètement de l’acte respiratoire qui nous plonge directement, continuellement, dans le plasma cosmique que les yogis hindous appellent « Prana ». Maintenir un rythme de respiration est d’une importance essentielle pour conserver le rythme naturel des organes. De plus la respiration rythmée associée à un schéma postural comprenant deux temps (dynamique et statique) établit des vibrations correspondantes dans la moelle épinière, laquelle les transmet au cerveau où elles sont transformées en énergie nerveuse.

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Examinons maintenant quelques postures tenues en haute estime par les Maîtres du yoga.

Commençons par un schéma postural qui combine à la fois étirement des segments droits du corps et rotation du tronc autour de l’axe spinal. L’exercice paraît banal mais il suffit de l’expérimenter une seule fois pour se rendre compte du manque de liberté des articulations du thorax et des coxo-fémorales.

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Parivritta Parsvakonasana

(B.K.S Iyengar cliché rare)

Cette posture « Parivritta Parsvakonasana » nous enseigne une chose importante à savoir que notre corps est animé par deux mouvements contraires : un mouvement masculin en ligne droite correspondant à l’axe cerveau-nerfs-plexus solaire, et un mouvement féminin qui est toujours rotatoire, représenté aussi par les nerfs, mais encore par les côtes et le développement thoracique, et ce à partir de l’axe vertébral. Si ces deux mouvements ne sont pas accordés, il y a désordre et donc déséquilibre des deux instances archétypiques - Animus et Anima – de l’entité psychosomatique. YOGA signifie unir les opposés… Il faut donc actionner, soit conjointement, soit en alternant ces deux mouvements. Là encore, c’est le travail de remplissage des poumons qui, de l’intérieur, va briser les raideurs périphériques. « Le poumon, c’est le sculpteur caché », disait le Docteur Tissié.

Découvrons ensemble une autre posture qui nous montre le même mouvement rotatoire, mais cette fois le socle pelvien est fixé au sol. La posture de Matsyendra provoque un afflux sanguin considérable au profit des vertèbres, des nerfs spinaux et des ganglions sympathiques. C’est une position qui allume le « chauffage central » de la canalisation vertébrale.

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La posture de la « Pince » vient compléter la torsion, toujours dans le souci de rééquilibrer les mouvements rotatoire et rectiligne. La position permet en outre de diffuser toute l’énergie disponible sur l’ensemble du réseau médulo-spinal jusqu’au cerveau. Remarquez en passant le parfait étirement des ischio-jambiers qui libère complètement la ceinture pelvienne.

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Paschimottanasana

Voici maintenant une posture très intéressante que nous approfondissons systématiquement à chaque séance. Il s’agit de l’asana du « chien tête en bas », la posture par excellence la plus pratiquée dans les écoles de yoga du monde entier. Nous sommes en présence d’une position remarquablement exécutée qui nous révèle une amplitude exceptionnelle des deux ceintures - scapulaire et pelvienne – grâce à la libération des extenseurs des jambes  et des cuisses.

Adho Mukha Svanasana

Adho Mukha Svanasana

Le chien tête en bas

On ne débloque pas un dos enraidi et des épaules gelées – le train supérieur de l’hommesans avoir préalablement déverrouillé le train inférieur, c’est-à-dire le pelvis et les segments locomoteurs, pieds et orteils compris.

Pourquoi ?

Parce que ces deux trains sont opposés :

  • anthropologiquement
  • ethniquement
  • orthopédiquement
  • psychologiquement
  • moralement
  • socialement
  • ésotériquement

 LE TRAIN SUPERIEUR, ce sont les outils de l’art, de la pensée, de la parole, de la prière, de la respiration, des ondes cosmiques du ciel…

 LE TRAIN INFERIEUR, ce sont les outils du déplacement, du soutien, de la digestion, de la reproduction, des ondes telluriques de la terre…

Il faut être synthétique et tenter de relier ces deux dominantes humaines et c’est tout le Yoga du courant indo-européen.Tant que l’individu sera coupé en deux ou écartelé par la sacro-sainte césure esprit-matière, psyché-soma (héritage de notre culture judéo-chrétienne) sa colonne vertébrale restera exposée à toutes les misères du monde. Les courants nerveux s’opposeront au lieu de se fondre les uns dans les autres.

Alors, nous verrons apparaître, dans le plan orthopédique postérieur de l’homme, une somatisation de la zone ingrate du dos qui s’étend de D1 à D8. C’est la courbe raidie, c’est la pile de vertèbres cardio-pulmonaires qui se bloquent, c’est le point de départ d’une morphologie cypho-lordotique que j’ai déjà évoquée au début de mon exposé. Le point d’inflexion de cette zone ingrate, c’est la vertèbre des bronches et des poumons qui correspond à la 6ème dorsale. Et nous retiendrons cette loi exprimée par les Anciens : la respiration est un acte articulaire plus encore que musculaire… » Tout le yoga est bâti sur cette loi depuis 5 000 ans.

Les 3 colonnes

Les 3 Colonnes

Le K du Docteur Tissié

Le K réel notable correspond au croquis du milieu (B). Les courbes et ensellures du rachis sont normales et modérées. Le centre du K, c’est la zone vertébrale d’insertion du Psoas (P – D 12, L 1, L 2) et des crura du Diaphragme (D – L 1). C’est la fameuse charnière dorso-lombaire réputée comme fonctionnelle.

Il arrive souvent malheureusement, que les postures soient insuffisantes pour venir à bout du segment dur de la colonne dorsale à moins de pratiquer 3 heures par jour. Je pense notamment à la cyphose durcie des travailleurs de force. Dans ce cas, il faut avoir recours à des techniques manuelles ou à des appareils comme le cadre redresseur à poussée pédestre.

Cadre redresseur

Le Cadre redresseur

Mais cela n’est plus du ressort d’un enseignant de yoga. Toutefois l’auxiliaire le plus simple et le plus efficace reste l’espalier. Voici un ou deux exemples de corrective à l’espalier. Je rappelle, en passant, que le rénovateur de l’Espalier, le suédois Pehr Henrik Ling, était le digne continuateur de la lignée ininterrompue des médecins-gymnastes depuis les prêtres égyptiens et les yogis hindous.

Corrective à l'espalier

Corrective à l’espalier

Sur le schéma ci-dessus, il n’est question que d’une manœuvre de déblocage respiratoire visant à réduire l’attitude cyphotique. C’est un exercice que je fais faire à tous mes élèves lorsque nous avons un espalier à notre disposition. En vérité, les techniques posturales du yoga adaptables à l’espalier sont nombreuses et j’espère qu’un jour nous aurons, à Bressuire, une salle de Yoga équipée d’espaliers, de poulies et de cabestans.

Virabhadrasana 3

Virabhadrasana III

(décoaptation de l’articulation de hanche par traction manuelle)

N’y a-t-il pas de but plus noble et de plus utile socialement que d’aider ses semblables à retrouver un dos droit, une cage thoracique ouverte et un contrôle complet de sa musculature ?

Revenons à nos postures de yoga…

Dhanurasana Iyengar

Dhanurasana

Voici une posture impressionnante qui nous propulse dans la cour du yoga de haut niveau. Dhanurasana demande de nombreuses années d’apprentissage. Amener cette position à maturité n’est possible qu’avec le concours d’un espalier et d’un treuil ou tout autre auxiliaire mécanique. La progression se fait millimètre par millimètre, dans un relâchement tonique de l’ensemble de la musculature. Rendons-nous à l’évidence que ce type d’asana suppose à la base une aptitude morphologique appropriée et cultivée dès le plus jeune âge.

Les positions inversées

Nous allons voir maintenant quelques exemples de postures inversées, celles que l’on appelle en gymnastique rationnelle : les postures déclives.

Viparita Karani Iyengar

Viparita Karani

Sarvangasana Iyengar

Sarvangasana

Ces postures constituent un chapitre à part dans le corpus didactique postural. Ce sont des positions à incidences neurophysiologique et endocrinienne qui stimulent tout le système glandulaire et qui redonnent de la vitalité.

Mais elles concernent surtout la suspension des organes. En effet, par la force de gravité, avec l’âge et par la sédentarisation corporelle, eh bien, les estomacs descendent, les vésicules biliaires descendent, les masses intestinales transverses descendent lourdement, les reins descendent et tirent douloureusement sur les lombes, les seins eux-aussi descendent inéluctablement. Finalement tout cherche à descendre… Newton ne s’est donc pas trompé !

Attention ! Je ne dis pas que les postures inversées vont tout remonter. Parlons plutôt d’un renversement des forces qui va changer beaucoup de choses, tout au moins momentanément, mais qui donnera du répit aux personnes qui souffrent.

Donc, dans ces positions déclives, la masse sanguine sera libérée du train inférieur et des organes internes déptôsés (allègement momentané des ptôses organiques, viscérales, musculaires ou ligamentaires), ce qui soulagera non seulement leur fonctionnement mais aussi les vertèbres auxquelles ils sont accrochés par des membranes. Tonifier les membranes organiques par ce renversement des forces, c’est cela le Hatha-Yoga. Notons que la pompe diaphragmatique joue un rôle capital dans l’exécution de ces asanas.

SARVANGASANA active tout particulièrement le complexe thyroïdien et para thyroïdien.

Sirsasana Iyengar

Sirsasana

SIRSASANA contribue à une meilleure irrigation du cerveau et de son hypophyse.

J’ajouterai que la prise de ces positions ne s’improvise pas et qu’il peut y avoir des restrictions ou des contre-indications. Dans la pratique, toutes les précautions sont prises pour protéger le rachis cervical, mais je dissuade quiconque voudrait se lancer dans l’exécution de ces postures sans préparation et sans conseils avisés.

Actuellement, je travaille sur le projet d’une « chaise de yoga » spécialement adaptée pour des applications  posturales en inversion de gravité. Ce nouvel outil devrait donc permettre de tenir les postures plus confortablement, sans effort musculaire et sans danger pour le segment cervical. L’efficience d’une asana réside avant tout dans sa durée et son intensité, et ce dans le relâchement le plus total des nerfs et du cerveau.

NOTA BENE : Le projet de « la chaise yoga », rebaptisée « le Postureur » a vu le jour en 2001 avec l’attribution du Brevet français. Deux prototypes suivis d’un numéro 1 de série ont été réalisés grâce au concours de deux sociétés de fabrication, de la Chambre de Métiers Nord Deux-Sèvres et sous le partenariat de l’Agence Nationale pour la Valorisation de la Recherche (ANVAR) et d’un cabinet de conseils spécialisé dans les innovations brevetables (INPI).

En substance, l’innovation est dotée d’un tablier de levage, d’une traverse motorisée et articulable sur 360°, de poignées de soutien réglables manuellement et d’un système rétractable de roulement sur bille selon les besoins.

Savoir plus : WIPO

Le Postureur

(1997-2002)

Position de Trendelenburg

Position de Trendelenburg

Halasana

Ardha Halasana

Upavishta Eka Padasana

Upavishta Eka Padasana

Sarvangasana

Sarvangasana

Variante Sarvangasana

Variante Sarvangasana

Variantes Sirsasana

Variantes Sirsasana

Voilà l’essentiel pour le chapitre des postures inversées. Nous ne pouvons toutes les passer en revue.

Fermons ce grand volet postural par la pose canonique du Lotus.

 Padmasana Iyengar

Padmasana

Généralement, une séance type de yoga commence avec le Salut au Soleil précédé d’une préparation respiratoire et de quelques préliminaires. La séance s’achèvera obligatoirement par le PADMASANA – posture du Lotus - laquelle sera aussi le point de départ d’une autre étape du Yoga, celle du PRANAYAMA – respiration énergétique – qui permettra l’induction de nouveaux champs de conscience dans l’expérience de la méditation.

 « Quand le souffle s’égare, le mental est instable,

mais quand le souffle est calme, alors le mental devient inébranlable. »

 (Hatha Yoga Pradipika)

LA POSTURE DU LOTUS… Tout un programme ! Pour être lapidaire, disons que ça passe en 3 secondes ou en 3 ans… 3 secondes : là, nous avons à faire à une morphologie de type fluorique. 3 ans : (en pratiquant tous les jours) c’est le prix à payer pour savourer un jour, quand tous les circuits énergétiques du corps seront ouverts, nettoyés et activés, savourer… disais-je, le parfum, le nectar que cette position recèle. C’est la posture des Sages.

 Tentons une approche physiologique…

La posture du Lotus occasionne une compression des cuisses qui entraîne un ralentissement de la circulation du sang dans les segments inférieurs. Ce coup de frein donné au flux sanguin se produit surtout dans l’artère fémorale chargée de conduire le sang artériel vers les cuisses et les jambes.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, après avoir tenu la position un certain temps, et en dépit du « nœud » des membres inférieurs, la circulation reste encore suffisante pour assurer la nutrition normale de la musculature. Et cela n’entraîne aucune gêne, aucun inconvénient : pas d’engourdissement, pas de « fourmis » dans les jambes, ce qui indiquerait une sous-oxygénation prononcée.

Le cœur continue à pulser dans l’aorte abdominale et dans ses embranchements en direction des jambes. Toutefois, le coup de frein au niveau des cuisses va changer beaucoup de choses dans l’ordre établi de la circulation sanguine. Tout comme un bouchon sur une artère de grande circulation, l’aorte abdominale va détourner une partie du sang destiné aux jambes vers des artères secondaires, en particulier celles qui desservent les organes du bas-ventre. Autrement dit, les organes bénéficiaires de cet afflux supplémentaire de sang artériel seront les organes génitaux et les systèmes d’excrétion (reins, vessie et côlon).

Enfin, disons que ces effets de stimulation physiologique du bas-ventre entraîneront, dans un deuxième temps, une charge énergétique (la circulation sanguine étant liée à l’innervation) précisément sur les centres nerveux sacrés et mésentériques localisés en bas de la colonne vertébrale. Le parasympathique pelvien interférera par connections nerveuses avec les plexus situés en amont et avec la moelle épinière… D’où dans cette posture, la singulière sensation d’un courant, d’une chaleur, d’une puissance apaisante qui parcourt l’intérieur de la colonne vertébrale pour atteindre le cerveau qui deviendra le siège de nouvelles modifications physico-chimiques induisant de ce fait de nouveaux états de conscience qualifiés d’ « inaltérés » ou de « subliminaux ».

Je ne voudrais pas alourdir le propos, car ces phénomènes neurochimiques sont hyper-complexes. Ils ont été provoqués et analysés en laboratoire et je vous renvoie, si vous le souhaitez, aux recherches du Docteur Thérèse BROSSE, la célèbre cardiologue, naguère, de l’Hôpital Broussais. Cette femme de science a consacré 40 ans de sa vie à des études instrumentales et expérimentales auprès des yogis, en Inde et à Paris. Le Docteur BROSSE est la grande spécialiste en la matière.

 Méditation subliminale

 

Je crois qu’il est l’heure de conclure… Le Yoga, outil d’évolution pour aborder le 21ème siècle… Vaste question et probablement grande utopie !

Vous connaissez tous la phrase célèbre d’André Malraux :

 « Le 21ème siècle sera religieux ou ne sera pas »

Qu’entendait-il par religieux ? C’est peut-être la question qu’il faudrait d’abord se poser.

Quoi que nous pensions, la linguistique nous apprend que le mot « religieux » est construit à partir du verbe RELIGARE qui signifie RELIER dont l’acception première est le JUGUM latin qui a donné en français le JOUG que l’on retrouve dans CONJUGAL et dans le verbe anglais TO YOKE. Mais la racine originelle est sanskrite, c’est le YUJ de la langue-mère des indo-européens et dont le sens est : « mettre le joug », atteler, joindre, relier… De cette source sémantique découle le YOGA qui n’est pas une théorie mais une expérience de reliance à tous les niveaux du Vivant :

  • se relier au Moi profond
  • se relier aux autres
  • se relier à la Nature
  • relier les opposés
  • relier le haut et le bas
  • relier les deux courants, l’un qui monte, l’autre qui descend, le courant somatopsychique et le courant psychosomatique
  • relier l’esprit et la matière
  • relier la tête et le sexe
  • relier le ciel et la terre…

Depuis l’aube des temps, toutes les voies de l’expérience humaine intérieure ont été parcourues, en long, en large et en travers, par des individus isolés assoiffés d’absolu. Nombreux sont ceux qui ont poussé l’aventure jusqu’aux limites du réel-possible. Certains en sont revenus sages… D’autres carrément fous… Pourquoi ? Parce qu’ils ont transgressé le point d’appui tangible et incontournable, c’est-dire leur corps physique… suprême levier évolutif !

 Mais aujourd’hui, en cette heure cruciale de notre histoire ou de graves problèmes se posent à l’échelle planétaire en terme de sociétés, de nations et de masses humaines en pleine mutation, que reste-t-il de ces grandes odyssées de l’âme humaine ?

A l’approche de l’an 2000, l’avènement du monde virtuel ne risque-t-il pas de menacer encore un peu plus l’équilibre psychosomatique déjà précaire de ceux en quête d’un nouvel Absolu sur les autoroutes de l’information ? Hier, on ironisait sur les « allumés » de la nébuleuse mystico-ésotérique. Aujourd’hui, les nouvelles générations sont désormais « connectées » au réseau mondial d’Internet.

La technologie spatiale avec ses futures odyssées en orbite géostationnaire ou sur la planète Mars dispensera-t-elle à l’homme la grâce de mieux aimer la Terre et d’encourager les efforts pour préserver le miracle de la vie qui se perpétue depuis 3 milliards d’années ?Ou bien, au contraire, contribuera-t-elle à éloigner l’homme encore un peu plus de lui-même et de sa niche terrestre écobiologique ?

C’est vrai, pour nous accoucher de nous-mêmes et prouver notre domination sur la nature, pour notre confort, notre bonheur et pour notre capital vie, il nous a fallu jouer au train électrique, à la pénicilline, au rayon laser, aux expériences en apesanteur… dans l’attente peut-être d’un nouveau jeu, celui du chromosome électronique…

Tout ça, c’est bien ! Car, comme nous le disions au début de cet exposé… tout a son utilité !

Mais jusqu’où ce jeu va-t-il continuer ?

Porterons-nous, demain, incrustée dans notre nombril, une puce antigravitationnelle pour diminuer l’attraction newtonienne qui vieillit tous les organes ? Ou aurons-nous chez soi une Echelle suédoise, comme sur le Parvis de Notre-Dame à Paris, pour garder le corps long, le dos droit, le poumon ouvert, le ventre musclé ?

Irons-nous en vaisseau spatial faire des cures sur d’autres planètes pour y retrouver des températures bienfaisantes, des rayonnements et des gaz salubres, des sons et des couleurs pacifiants et pour s’immerger dans des eaux non polluées ?

Je laisserai toutes ces questions sans réponses, car je ne suis ni voyant, ni prophète et encore moins futurologue…

Mais je suis sûr d’une chose : Si vous allez en paix maintenant, pendant qu’il est encore temps, nager dans les eaux, dans les mers, skier dans les neiges, marcher dans les forêts, dans les montagnes, camper dans les steppes, ramer sur les lacs, et si, chaque matin, vous saluez le soleil en vous levant, à coup sûr, vous y puiserez la force inépuisable du Cosmos, toujours prête à entrer dans l’homme quand on l’appelle, conformément aux antiques idées nordique, celtique, égyptienne, iranienne, yogique et brahmanique…

C’est tout cela qui nous sauvera, nous récupérera et nous permettra de tenir jusqu’au bout du rouleau…

Avant de nous séparer, je vous souhaite, comme le faisait Avicenne avec ses clients, Princes, marchands ou porteurs d’eau, « de vivre cent vingt ans » !

Je vous remercie de votre patiente et amicale attention.

Top-10-Yoga-Exercises-with-Benefits9

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2 commentaires pour « Conférence »

  1.  
    Alain Chambly
    5 octobre 2018 | 12 h 32 min
     

    « Le yoga », c’est le titre de la conférence donnée par Gabriel Plessis – ancien professeur de notre association – un jour de 1996 à Bressuire, une conférence que nous mettons à votre disposition sur notre site, comme une invitation à la lecture, mieux, à un voyage dans l’histoire du yoga, une progression lente et savante vers les origines de cette « discipline psycho-corporelle » vieille de 5000 ans, et pourtant « d’une grande modernité ».
    Le yoga, c’est avant tout une pratique, que l’on ne saurait enfermer dans une définition ; une pratique pour le corps et l’esprit, certes, mais aussi, comme on le découvrira à la lecture de ce texte, une éthique, ainsi résumée : « s’appartenir à soi-même ».
    Dans une première partie que l’on pourrait intituler « L’élucidation thérapeutique », la question « le yoga est-il thérapeutique ? » reçoit une réponse paradoxale, d’où sa richesse argumentative. Et qu’importe si les pans de l’histoire et les personnages cités ici nous sont peu familiers, puisque « l’esprit » du texte ne saurait échapper à qui prend le temps de lire, voire de relire s’il est nécessaire. Après tout, la pratique posturale ne nous apprend-elle pas que le corps pour se plier à l’exercice, sans cesse sur le tapis… (Signalons que le texte est émaillé de liens hypertextes – mots en bleu soulignés de rouge – qui, en cliquant dessus, ouvrent sur des pages Internet qui éclairent sur le sens du mot ou sur l’histoire d’un personnage, d’une période historique, d’un peuple, etc.)
    Il est beaucoup question d’Antiquité, orientale et asiatique, dans ces lignes, et comment pourrait-il en être autrement avec une pratique millénaire qui plonge ses racines dans ces régions où se lève le Soleil sur le monde. Des personnages nommés ici, citons-en un, « le Père universel de la Médecine, l’Égyptien Imhotep, qui vivait au 3e millénaire avant notre ère, et à qui nous devons des écoles de médecine et toute une bibliothèque médicale » qui contribuèrent « à l’instruction du monde entier » – soulignons au passage la parenté des mots « médecine » et « méditation », tous deux issus de la même racine indo-européenne med signifiant « prendre des mesures appropriées, notamment pour la santé ».
    À cette remise en scène historique, succède un chapitre intitulé « Postures et Respirations » ; laissons à Gabriel le soin de nous l’introduire, non sans humour : « Nous allons vous montrer maintenant un panel de postures adapté à la morphologie occidentale, car, vous l’avez deviné, il ne s’agit pas de se gratter l’oreille droite, chaque matin, avec son pied gauche. » L’originalité du propos, outre les nombreuses illustrations (photos, schémas, planches, dessins…) qui viennent l’éclairer, est ici de dépasser le simple catalogue de postures pour expliquer le bienfait, du point de vue de la santé, apporté par chacune de celles-ci ; et c’est là un des intérêts majeurs de cette conférence, tant les explications sont claires, précises et détaillées, parfois étonnantes. Des explications qui répondent directement aux interrogations qui souvent sont les nôtres ; ici, le pourquoi et le comment trouvent leur explicitation.
    Le saviez-vous ? « La SALUTATION est un magnifique exercice qui désintoxique les fibres musculaires, libère la colonne vertébrale de ses fixations ankylosantes, épanche le sang dans toutes les directions du corps tout en oxygénant puissamment le cerveau. »
    Mais le yoga, c’est plus encore que son versant médical…
    On entend parfois dire du yoga que trois « H » pouvaient le qualifier : Humanité, Humilité, Humour. Le yoga, cette « dynamique du corps et de l’esprit », vise aussi (principalement ?) « à se relier à soi, aux autres et à la nature » ; c’est l’un des enseignements de cette conférence, lumineuse, que Gabriel Plessis nous offre de lire.
    AC

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    •  
      Le Thélémite
      5 octobre 2018 | 10 h 09 min
       

      Merci cher ami et cher Président, ainsi qu’au Bureau de l’Association de Yoga de Parthenay, de votre initiative de publier ma conférence présentée à Bressuire voici 22 années déjà. Puissent vos adhérents, dont certains que j’ai accompagnés sur la voie du Yoga – Yoga Marga – de 2001 à 2009, tirer profit de ce singulier regard porté sur une « praxis psycho-corporelle » dont l’origine est multimillénaire.

      Carl Gustav Jung disait : « Dans le cours des siècles, l’Occident produira son propre Yoga ». C’est peut-être ce que j’ai tenté de suggérer, en filigrane, dans le « corps réflexif » de cet exposé, comme le prolongement d’une quête puisant aux sources d’un territoire « d’ailleurs et de nulle part », toutefois Réel et si Présent dans l’Ici et Maintenant de notre quotidienne habitation. G.P Le Thélémite.

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