L’Aventure de Zinal

La Vallée Zinal

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Les Initiateurs de L’UEY

L’Union Européenne de Yoga fondée en 1971

Gérard Blitz & André van Lysebeth

Gérard Blitz & André van Lysebeth

Namasté

La semaine de Zinal  du 2 au 9 septembre 1973, représentait la première manifestation publique de l’Union Européenne de Yoga qui doit, elle aussi, prouver sa raison d’être, car il est inutile, surtout dans le domaine du yoga, de créer des structures pour le plaisir ou pour la gloire ! L’Union Européenne, soit dit en passant, n’a pas de « comité permanent », n’envisage pas de se donner un président européen par exemple. Nous nous contentons, – parce qu’il faut un lien  – d’un secrétaire général, Mr. Freddy Hug, de Lausanne, un des initiateurs de l’Union Européenne, président de la Fédération Suisse de Yoga, et d’un groupe animateur réduit, sans structure hiérarchique quelconque.

Les journées de Zinal ont donc constitué un test décisif pour cette toute jeune union européenne. Alors que nous devenons de plus en plus sceptique quant aux résultats pratiques de grandes réunions du style des Journées Internationales du Yoga que notre Fédération a organisées (St Symphorien était déjà une formule bien plus valable), nous avons suivi les autres Fédérations dans l’aventure de Zinal avec l’intention bien arrêtée de « jouer le jeu », mais sans trop en attendre. Il est normal, après une manifestation, de s’auto-féliciter du succès et de se décerner des louanges et de se complaire dans une satisfaction qui n’est pas toujours justifiée.

Si nous examinons à tête reposée et impartialement les événements de Zinal, nous pouvons dire que ce fut une réussite. Dans l’esprit de l’homme qui fut à l’origine même de l’idée « Zinal » et qui pendant toute le phase de préparation et d’organisation en fut la locomotive, Gérard Blitz puisqu’il faut le nommer (Anversois, ne l’oublions pas), fondateur du Club Méditerranée, il fallait faire vivre ensemble pendant une semaine des adeptes du yoga venus de tous les coins d’Europe, leur soumettre le problème de la préservation de l’héritage fabuleux que représente le yoga, dans notre monde occidental. Ce problème, et Gérard Blitz l’a compris le premier, ne peut être résolu qu’à l’échelle internationale par la mise en commun des efforts de tous, qui dépend de la prise de conscience de cette responsabilité et de cette solidarité. Ce fut cela l’idée motrice de Zinal.

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Biographie Gérard Blitz

Vous vous attendez à ce que nous nous étendions sur le programme même de Zinal. Nous pouvons dire que malgré sa richesse, il fut surtout un prétexte pour bien d’autres choses. Ce qu’il fallait, c’était créer un esprit yogique européen. Le délégué britannique était venu avec peu d’illusion et beaucoup de préjugés, surtout en observateur. Il est rentré chez lui absolument convaincu de l’importance de l’union européenne. D’autres nationalités étaient venues également en observateurs, mais un peu frustrées du fait que les deux langues véhiculaires officielles des « Journées » étaient le français et l’anglais.  Ils étaient donc venus avec plus de réticences encore que le délégué anglais. Ils sont repartis « européens » convaincus, enthousiastes même !

Divers problèmes ont été évoqués ayant trait à la diffusion et à l’enseignement du yoga en Occident. Comme l’Union Européenne avait invité des personnes appartenant à des groupes très divers, parfois même opposés, des heurts auraient pu se produire. Ce risque existait et nous avions eu des exemples dans le passé. Lors des premières journées internationales de yoga à Bruxelles, les participants se souviendront encore de la chape de glace qui s’était abattue dès les premières paroles du premier orateur français qui dénotaient une agressivité sous-jacente plus que visible. A St. Symphorien, même chose ! Ne parlons pas du Congrès Mondial qui s’est tenu à la Nouvelle Delhi où les participants indiens, notamment, se sont querellés de la plus belle façon. Cela a fait de fortes décharges de prãna dans les couloirs, mais pas un « prãna très sattvique ». Tout était donc possible, le meilleur comme le pire ou, ce qui est parfois plus grave, le médiocre.

En toute objectivité nous pouvons et devons affirmer que les points de vue divergents ont été exposés avec calme, pondération, tolérance et dans un esprit de compéhension. Il faut le dire parce que c’est vrai et que c’est important. Plus important que ce qui c’est réellement dit ! A tel point qu’une unanimité a pu se faire autour du texte des conclusions finales que nous publions en fin de notre article. Ce texte a été approuvé dans l’enthousiasme et sans rencontrer d’objections, bien qu’il ait été soumis à discussion publique le dernier jour de la session. Et les signatures qu’on pouvait trouver côte à côte au bas de ce texte étaient tout un programme par elles-mêmes : les initiés comprendront !

On peut dire que le ciel yogique de Zinal est demeuré aussi serein que le ciel bleu qui couvrit l’Europe pendant toute la durée du séminaire. Cela ne veut pas dire que tout le monde ait renoncé à ses divergences et que chacun est d’accord sur tous les points. Ce serait trop beau. Mais au-delà des différences, il s’est créé une prise de conscience de l’unité profonde d’idéal commun qui s’est manifestée à Zinal et cela est sans doute le facteur le plus important.

Indépendamment du programme, où les orateurs tels qu’Arnaud Desjardins, Jean Herbert, Arnold Keyserling, Marie-Madeleine Davy ont veillé à ce que le niveau soit très élevé.

De haut en bas et de gauche à droite

Zinal 1971 Comité d'éthique

Arnaud Desjardins – Jean Herbert

Arnold Keyserling – Marie-Madeleine Davy

Il y avait aussi la présence de Desikachar, fils du grand Krishnamacharya, qui assurait la présence de l’Inde. 

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Swami Dhirendra Bramachari était invité et son billet d’avion lui a été envoyé en temps utile. Mais il a manqué son avion !

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Pour en revenir à Desikachar, il a séduit tous les participants par sa lucidité, sa simplicité (pas de robe orange, il était vêtu d’un pantalon et d’un pull, comme la plupart des participants) et par la pertinence de ses interventions. Sans rien connaître à la situation européenne, sans le savoir il aurait pu « manipuler des explosifs »… Certaines questions dangereuses lui ont été posées qui auraient pu, moyennant une réponse imprudente, provoquer des remous. Il sut éviter habilement les écueils et il a quitté Zinal avec 400 amis de plus !

Les centaines de participants, eux aussi, ont nourri de nouveaux liens d’amitié, tandis que des personnes ayant des malentendus entre elles ont eu l’occasion de se rencontrer et que bien des angles se sont arrondis. Il y a bien des prolongements qui viendront à l’avenir enrichir la moisson de Zinal. Certaines choses sont en train de mûrir qui seront très heureuses. Nous en parlerons lorsqu’elles se matérialiseront.

Et à quoi cela va-t-il mener dans la pratique ?

Une initiative importante et très pratique celle-là : L’Union Européenne aura dans un avenir proche un « Bureau permanent en Inde ». Sa mission : répertorier toutes les sources d’informations existentes relatives au yoga traditionnel et moderne. Enregistrer par tous les moyens possibles toutes les techniques yogiques telles qu’elles sont pratiquées en Inde afin de les diffuser, avec discernement bien entendu. 

Si tous les yogis européens pouvaient s’en imprégner !

Van Lysebeth et Arnaud Desjardin

A Zinal, les hommes se sont rapprochés… Les points de vue aussi.

Arnaud Desjardins en conversation avec André Van Lysebeth

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La Charte du Yoga

Zinal 1973

Conclusions par le Comité de Synthèse

de L’Union Européenne de Yoga

Sur l’initiative de l’Union Européenne de Yoga, se sont réunis à Zinal, du 2 au 9 septenbre 1973, 350 enseignants et adeptes du yoga, en provenance de 15 pays. Ils sont arrivés aux conclusions suivantes :

Le Yoga est un moyen donnant accès à une autre dimension qui est universelle et peut se manifester sous les aspects les plus divers. C’est le chemin qui ramène à lui-même l’homme que les conditions actuelles de vie ont aliéné de sa véritable nature.

Le hatha-yoga est le yoga qui prend comme point de départ et d’appui les postures physiques et la respiration consciente.

L’enseignement du yoga est une vocation appuyée par le savoir technique et la maturité persennelle. Il doit être exercé dans le souci de préserver le précieux héritage reçu de l’Inde.

Bien que la pratique du yoga soit une expérience individuelle et que la diversité des méthodes soit conforme à la tradition indienne, les adeptes en ressentent l’unité sous-jacente.

Cette prise de conscience doit aboutir à une volonté commune s’exprimant dans le respect mutuel, par des unions nationale et internationale, seules capables de résoudre les problèmes posés par le rapide développement du yoa en Occident.

Ecartant formellement l’idée même du triomphe d’un point de vue ou d’un groupe sur un autre, les participants estiment indispensable la collaboration franche et entière entre tous.

Cette collaboration doit s’étendre largement aux pratiquants ainsi qu’aux représentants des diverses disciplines intéressant le yoga ou intéressées.

Profondément attentifs aux souffrances et aux espérances des hommes, les adeptes du yoga souhaitent que leur recherche et leurs efforts personnnels ne bénéficient pas seulement à eux-mêmes mais à leurs semblables.

Union Européenne de Yoga

Sources 

Revue Mensuelle YOGA 

« André Van Lysebeth »

N° 116 – Novembre 1973

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